17 avr. 2012

Un régime, moi jamais !

Je vais vous dire un secret: à presque 45 ans je n'ai jamais fait le moindre régime, et pourtant depuis mes 18 ans je fais à peu près le même poids c'est à dire 56 kg.
Bon j'avoue que je n'ai pas un profil de top modèle: j'ai toujours eu des petits capitons fessiers et des cuissots dodus assez disgracieux selon les canons de beauté actuels, mais cela mis à part je reste à peu près à un poids stable depuis 30 ans.

Alors j'en vois déjà qui se disent "encore une maigre congénitale qui ne connaît pas sa chance" ou "elle veux une médaille celle-là?" ou encore "une adepte du blanc de poulet haricots verts peut-être?".

Non non, je suis très gourmande (et je pense que ce blog le prouve largement ;)), je ne vis pas dans une famille de gens particulièrement maigres (bien que pas spécialement gros non plus) et le but de ce billet n'est pas de s’esbaudir devant mon profil pondéral somme toute très banal. Par contre il me tient à cœur aborder ici un sujet récurrent en cette période printanière : La mode des régimes...

En ce moment comme tous les ans à la même date on entend plus parler que de ça à la télé, dans les magazines et sur le net : Le nouveau régime miracle pour perdre ces 5 kilos en trop accumulés le reste de l'année, la recette infaillible pour enfin réussir à s'infiltrer dans ce joli petit bikini taille 36 qui vous fait tant envie, le graal de la taille haricot vert enfin à votre portée et tout ça sans se priver!

Impossible d'y échapper ! On pourrait en rire si ce n'était pas si pathétique et dangereux.
Car oui je n'ai pas peur de le dire tout ce battage médiatique en faveur des régimes hypocaloriques est au mieux irresponsable et au pire dangereux.

Pourquoi dangereux?
Parce qu'il cible en priorité les adolescentes mal dans leur corps qui pensent trouver dans ces régimes la solution pour soulager leur mal-être. Et c'est là que l'engrenage se met en place: Des études estiment que les adolescentes font leur 1er régime en moyenne à 15 ans. C'est vertigineux car cela correspond à la plus mauvaise période pour soumettre son corps à ce traitement. Ou inversement c'est la meilleure période si l'on se place du point de vue de l'industrie très florissante qui vit de cette conspiration pro-régime: La meilleure période en effet pour créer la première vague du yo-yo...

Savez-vous comment l'on faisait autrefois pour engraisser les veaux rapidement et à moindre coût? (je vous parle ici d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre où on mangeait des veaux gras, nostalgie!)
Eh bien figurez-vous qu'on les mettait au régime...
En effet au début de la phase d'engraissage (qui correspond à peu de chose près au début de l'adolescence chez l'homme) on soumettait les veaux a une période de restriction calorique de quelques jours, le temps que leur métabolisme s'habitue à cet apport nutritionnel réduit. Ensuite il suffisait de rétablir brusquement une alimentation normale et la chose était faite: tout en consommant la même quantité de nourriture le veau se mettait alors à faire du gras, et même beaucoup de gras, alors que sans cette période de régime il aurait fait essentiellement du muscle.

Pourquoi je vous parle des veaux ?
Eh bien je pense que le parallèle avec ce que les adolescentes font subir à leur corps lors du premier régime est frappant. A Cet âge là on est entier: c'est tout ou rien!
Les adolescentes choisissent en priorité les régimes les plus restrictifs et n'hésitent pas à s'affamer avec 1000 calories (voire moins) quotidiennes pendant plusieurs semaines, souvent à plusieurs et avec une sorte de compétition "à celle qui mangera le moins aujourd'hui". Et oui ça marche trop bien: elles maigrissent! Mais à cet âge-là on est aussi insouciant, et une fois que le régime a si bien marché on ne lit pas les traditionnelles petites lignes en bas de page qui conseillent de manger sain et équilibré à la fin du régime. Non, à cet âge la on a une vie à vivre et on préfère largement aller au McDo avec les copains et manger des pains au chocolat à la pause entre 2 cours plutôt que de manger des haricots verts et des fruits.
Et donc voilà, tout est en place pour la première vague du yo-yo : c'est physiologique, après une période de restriction alimentaire toute période de pléthore alimentaire résulte pour le corps en un signal pour commencer l'accumulation de graisse. Cela nous vient de notre passé où nous ne mangions pas de façon abondante toute l'année: Tout comme celui des animaux notre corps est conçu pour pouvoir gérer la disette, il fait donc des réserves de graisse lorsque la nourriture est abondante pour pouvoir les utiliser ensuite quand elle se fait plus rare...

Ce premier régime que s'imposent les adolescentes alors même que leur corps est en pleine évolution initie ce cycle naturel de stockage / dé-stockage: C'est le fameux yo-yo, un amaigrissement forcé au printemps est immanquablement suivi d'une période d'accumulation de graisse le reste de l'année qui se résume au fil des ans en une prise de poids d'un à deux kilos chaque année. Plusieurs études ont d'ailleurs démontré que dès qu'on a amorcé un premier régime basse calorie (même modéré) on modifie en profondeur le métabolisme corporel. Dès lors il faudra après le régime manger moins pour arriver à maintenir le même poids qu'avant le régime !

Et c'est la spirale infernale: On prend du poids donc les régimes se succèdent, souvent de plus en plus restrictifs puisque de moins en moins efficaces, et plus on fait de régimes plus on prend du poids: 1 kilos par an (et c'est souvent plus hélas) cela revient à peser 65 kg à 38 ans, 75 kg à 48 ans et 85 kg à 58 ans ce qui nous mène doucement mais sûrement à l'obésité morbide. Le rapport à la nourriture devient également complètement vicié: L'aliment devient tour à tour une source de réconfort et l'ennemi numéro un pendant les périodes de restriction, c'est la porte ouverte à tous les troubles du comportements alimentaires. Et quand au bout du rouleau on se décide enfin à aller consulter pour un problème d'obésité la seule chose que les médecins nous proposent c'est... un régime!

Vous pensez peut-être que j'exagère, que je vois tout en noir mais regardez un peu autour de vous: le taux d'obésité parmi les jeunes de 20 à 30 ans est en pleine explosion. Le phénomène est encore plus marqué en Amérique du Nord ou j'ai vécu plusieurs années. Quand on pèse déjà 60 à 70 kg à 20 ans que peut-on espérer pour le reste de sa vie, surtout dans une société où on a pas encore compris que les régimes créent et empirent le problème lieu de le résoudre...

J'espère par ce billet vous avoir fait comprendre à quel point nous devons changer d'attitude et ne plus considérer que cette mode des régimes si bien médiatisée est inoffensive. Elle est pour moi hautement nocive du fait qu'elle s'adresse à des personnes en détresse et fragilisées dans la perception qu'elles ont de leur corps.

Il est primordial que l'on sache à quel point les régimes hypocaloriques sont nocifs, et ce encore plus s'ils sont commencés tôt dans la vie. La seule chose qui est scientifiquement prouvée à propos de ces régimes c'est que dans 8 cas sur 10 ils résultent en une prise de poids supérieure au poids initial dans l'année qui suit!

Mais alors que ces régimes sont sur-médiatisés en raison des énormes retombées financières qu'ils génèrent, on dispose au contraire de très peu d'informations sur la façon de bien manger, de maintenir son poids sur le long terme en se faisant plaisir au quotidien.




Je ne prétends pas ici ré-inventer la roue ni le fil à couper le beurre mais je vais juste donner quelques lignes de conduite simples issues du simple bon sens:

1) Ne jamais, je dis bien jamais, se lancer dans un régime basse calorie, et dissuader toute personne autour de soi qui voudrait en faire un, encore plus si c'est quelqu'un de jeune. Il faut manger à sa faim mais manger bien. Comme je l'ai indiqué plus haut faire un régime même modéré modifie en profondeur le métabolisme du corps. Il sera impossible après le régime de remanger normalement sans grossir au delà du poids de départ, il faut donc à tous prix ne pas mettre le pied dans cette spirale infernale...



2) Arrêter de culpabiliser vis-à-vis des aliments quels qu'ils soient: On peut (et on doit) manger du gras, on peut (et on doit) manger du pain et autres féculents dans le cadre d'une alimentation normale et sans excès. Le gras est indispensable à notre vie, il donne du goût à tout ce que l'on mange et de plus il est un remarquable coupe-faim naturel car il donne rapidement un sentiment de satiété et ralentis la digestion. En quantité normale il ne fait pas grossir bien au contraire: il nous empêche de grignoter entre les repas. La même chose est vraie pour les féculents, il ne faut surtout pas les exclure de notre alimentation car ils nous permettent de ne pas avoir faim entre deux repas donc de ne pas nous précipiter sur le paquet de chips ou la barre chocolatée...


3) Éviter de manger quotidiennement des aliments très sucrés  sans aucun apport autre que cela (notamment pauvres en fibres). Les aliments sucrés donnent rapidement faim, en effet ils provoquent la production d'insuline, cette hormone fait rapidement disparaître le sucre du sang ce qui provoque une sensation de fringale intense quelques temps plus tard et rebelotte, on replonge dans les chips ou le chocolat. Si vous avez un petit creux préférez donc un aliment contenant des fibres en plus du sucre comme une pomme ou une barre énergétique riche en fibres.
Même chose pour les céréales du matin: Elles sont souvent trop riches en sucre qui provoque la fringale de 10:00, évitez les sauf si elles sont enrichies en fibres ou accompagnées de fruits qui en contiennent.


 Un petit mot également sur le lait, il est très riche en lactose, un sucre qui provoque des gros pics d'insuline et il faut donc éviter d'en prendre de trop grosses quantités au cours de la journée. C'est d'ailleurs en les nourrissant uniquement de lait qu'on engraisse les veaux gras dont on a déjà parlé ! Même chose bien sûr pour les soda, la bière, le vin et toutes les boissons alcoolisées: tout cela est hyperglycémiant (provoque des pics d'insuline suivis d'un manque de sucre dans le sang donc d'une fringale) il sont donc à proscrire, sauf bien sur ponctuellement pour un petit plaisir (et avec modération)...

4) Privilégier les aliments riches en fibres:
Les fibres ralentissent la digestion et permettent de remplir l'estomac donc de soulager rapidement et durablement la sensation de faim. Quand un aliment sucré est riche en fibre on observe pas de pic de glycémie non plus que le creux du taux de sucre dans le sang qui en résulte, on a donc pas la fringale qui y est habituellement associée par effet boomerang. De la même façon si on mange des aliments sucrés avec d'autres qui sont riches en fibres cela annule leur caractère hyperglycémiant. Donc manger une pomme avant d’engloutir un pain au chocolat permet de se faire plaisir tout en évitant la sensation de faim quelques heures plus tard...

On trouve des fibres dans certains fruits, les légumes et les céréales complètes. C'est la raison pour laquelle chez moi les fruits et légumes sont en libre service: on peut en manger à toute heure du jour et de la nuit. Et si vous n'avez pas le temps ponctuellement de cuisiner des légumes il suffit de commencer le repas par une pomme, la encore

5) Manger quand on a faim et arrêter de manger dès qu'on a plus faim: 
Donc être à l'écoute de son corps. On ne mange pas uniquement pour finir son assiette et inversement on ne s'affame pas parce que ce n'est pas l'heure de manger. Les fruits et légumes sont en libre service donc dès qu'on a faim hop une petite pomme, cela nous évitera d'arriver au repas complètement affamé où avec plus aucun appétit du tout si on a vraiment trop attendu.


6) Trois repas par jour, toujours!
On ne saute jamais un repas (et encore moins le petit déjeuner), et on évite de grignoter entre les repas (à moins que ce soit un fruit ou un légume cru, qui on le répète sont en libre service!), notamment on essaie de ne plus rien manger après 20h le soir. Si on a systématiquement faim entre les repas c'est qu'il y a un soucis lors des repas : On a pas suffisamment mangé, ou bien le repas ne contenait pas assez de fibres, pas assez de féculents et/ou pas assez de graisses !

7) Toujours savourer le plaisir de manger!
La frustration ça fait grossir c'est bien connu alors que ce que l'on mange avec plaisir ne fait pas grossir: Je suis une fervente adepte de ce bon gros bon sens!
Plus sérieusement nous nourrir doit rester un des plaisir de la vie, dès que ça devient quelque chose de compliqué et conflictuel on est sur la mauvaise pente. Il faut donc se faire plaisir sans arrière pensée et se persuader que cela n'aura aucune conséquence néfaste. Céder à la gourmandise de temps en temps n'a aucune importance dans le cadre d'une alimentation équilibrée, on peut même sans problèmes s’empiffrer de foie gras à Noël et de chocolat à Pâques, tout cela rentrera dans l'ordre sans aucun soucis dans les semaines suivantes sans qu'on ai besoin de faire rien quoi que ce soit de particulier et même si on mange une petite tarte au citron dans l'intervalle et un bon dessert à la fin des repas!

Et puis surtout il faut retrouver le plaisir de manger quotidiennement des choses simples, qui ont du goût et font plaisir : une bonne tomate, un quignon de bon pain au levain, une pomme bien juteuse et acidulée rien que ce qu'il faut. Prendre le temps de manger, de se préparer à manger, de chercher des bons produits...




8) Mettre la balance à la poubelle de toute urgence, ne surtout plus compter les calories, laisser sa tête au vestiaire et laisser notre corps reprendre les rennes: Il sait mieux que quiconque gérer tout ça si on l'écoute mieux ;)


Voila, je pourrais en écrire encore des pages sur ce sujet qui me tient particulièrement à cœur, mais ce billet est déjà suffisamment long!  Je vous félicite déjà de l'avoir lu jusqu'au bout et j'espère qu'il vous aura motivé pour essayer au plus vite une des recette du blog (dans le cadre bien sur d'une alimentation variée et équilibrée !)
Quant au bikini taille 36, quelle idée aussi de vouloir rentrer la dedans, prenez le en 40 ou préférez la montagne à la plage et hop le problème est réglé :p






NB: Pour ceux qui veulent parcourir mes sources et en savoir plus je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de l'association G.R.O.S qui fourmille d'informations sur le sujet. Vous pouvez aussi consulter le rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) sur les régimes amaigrissants disponible ici.
Je vous en cite simplement l'un des passages fort instructif (p59):
il est bien démontré que les apports énergétiques qui permettent de maintenir le poids perdu après régime (incluant les régimes qui induisent une perte de poids modérée correspondant à 10% du poids initial) sont inférieurs à ceux qui permettaient de maintenir un poids stable avant la perte de poids (Dulloo et al. 2006; Rosenbaum et al. 2003).

Ceci sous-entend que les apports alimentaires après un ou plusieurs cycles de restriction
alimentaire doivent être inférieurs aux apports alimentaires avant ces phases de restriction, et ce même à masse corporelle égale. 









3 commentaires:

Anonyme a dit…

et bien Laurence tu t'es lachée et bien lachée, je te félicite, je ne suis pas non plus pour les régimes j'aime "le bien manger équilibré" et je sais me faire plaisir, quand au maillot de bain, je n'y pense même plus de toute façon je ne suis jamais entrée dans du 36, ce qui fait peur c'est cette mode du plus t'es maigre mieux c'est et ce à n'importe quel age, y a qu'à voir les séries américaines, où même les femmes de 50 ans ressemblent à des ados.
par contre, je comprend très bien que les personnes qui sont en surpoids assez prononcé essaient moultes régimes, jusqu'à y laisser leur santé.
Ccatalie

Tarte-en-Cuisine a dit…

oui on ne peut être que sensible à la grande détresse que ressente les personnes en surpoids dans notre société qui voue un tel culte à la minceur, mais ce qui est sur c'est que les régimes ne font qu'accentuer le problème (quand ils ne l'ont pas provoqué).

Je suis devant le télé et en moins de 30 minutes je viens de voir un reportage sur le dernier régime à la mode, une pub sur des céréales qui aideraient à garder la ligne et une autre sur une crème qui ferait maigrir pendant la nuit : ce matraquage visant a faire de l'argent au dépend de personne déjà si fragilisées me rend folle !

griotte a dit…

J'approuve à 100 %. Je trouve scandaleuse cette façon d'utiliser le corps des gens pour faire du fric (car c'est bien ça, au fond) et le fait que les gens se laissent avoir en dit long aussi sur ce que nous avons perdu dans le rapport à notre propre corps, à notre propre identité.
Comme toi j'ai la chance de ne pas me préoccuper de mon poids ; j'ai eu ma période vers la vingtaine, où je comptais les calories et avais pour base de mes menus le plâtre - je veux dire le fromage blanc à 0%. Heureusement ce fut très éphémère pour deux raisons principales : primo, je suis une épicurienne profonde (se faire plaisir, c'est se faire du bien, et il y a assez de choses dures dans la vie pour ne pas bouder les bonnes qui égaient notre quotidien) ; ensuite, j'ai toujours adoré passer mes vacances et autres week-ends à parcourir de beaux paysages chaque fois que je pouvais : ce qui implique, n'est ce pas, de découvrir les spécialités culinaires de partout où on passe, ça fait partie du patrimoine (et puis se bouger, ça donne faim...). Et bien sûr, dès lors que je ne me suis plus posé de question de poids, mon corps ne s'en est pas posé non plus, et a trouvé et gardé son équilibre.

Plus sérieusement, il y a quelque chose qui me frappe dans notre société. On nous assène le mot plaisir à tout propos et à toutes les sauces, et il semble que jamais les gens n'en ont goûté si peu, que ce soit dû aux conditions stressantes de la vie quotidienne ou, pour ce qui nous occupe, au paysage alimentaire. Même les loisirs ont parfois un parfum de contrainte (faites du sport pour dépenser toutes ces horribles calories...) et non de joie comme on serait en droit d'y prétendre.
Jamais n'a-t-on autant parlé du corps, montré le corps - mais un corps qui semble virtuel. Un corps rêvé (??? quel cauchemar ...) - alors qu'on refuse le sien, bien vivant celui-là, qu'on n'écoute plus, qu'on ne respecte plus. La dissociation va jusqu'au point que de nos jours, des gens font des stages pour "retrouver leur corps" (l'avons-nous perdu ?? !!) suivant diverses techniques et disciplines... je ne crois pas que nos ancêtres avaient trop de doutes sur la réalité bien vivante de leur propre corps, confronté alors, en outre, à des conditions physiques (froid etc...) plus dures que pour nous. Mais nos sociétés nous font rêver notre corps plutôt que le vivre - dommage ...

Je crois, comme tu l'expliques très bien, que tout est une question à la fois d'écoute de son corps et d'équilibre. Et puis de temps aussi : savoir prendre le temps de vivre, carpe diem ...

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